mercredi 25 mars 2015

De la construction d’un dialogue aux thématiques cultuelles ?

Lien hypertexte (référence, site à visiter...) : Cir. INTK1504902J, 18 mars 2015, org. consultations, Français musulmans, départ. - constitution, instance nationale de dialogue

En date du 18 mars 2015, une circulaire n° INTK1504902J - mise en ligne sur le site www.circulaires....gouv.fr ce 23 mars 2015 -, adressée aux préfets, affiche pour objet « l’organisation de consultations avec les représentants des Français musulmans de vos départements en vue de la constitution d’une instance nationale de dialogue ». Elle se comprend dans la lignée de la communication du ministre de l’Intérieur lors du conseil des ministres du 25 février 2015 : « Dans une République laïque, il n’appartient pas à l’État de se prononcer sur l’organisation interne des cultes. Mais l’État doit dialoguer avec leurs représentants, afin d’examiner les questions qui les concernent et qui ont pour enjeu l’exercice de la liberté de religion, dans le respect des règles de la République ». Il apparaît donc que, dans cette perspective, tous les citoyens faisant état d’une liaison quelconque avec des institutions religieuses - et non pas seulement d’une croyance personnelle - devraient être concernés et tous de la même manière. Il faudrait ainsi envisager pour toutes ces organisations religieuses un même enjeu de consultation et d’écoute...

Si l’on tient compte de cette communication ministérielle, les objectifs restent concentrés sur une problématique spécifique qui se resserre autour du "culte", du culte musulman, dans la mesure où il s’agirait, pour l’État, de s’investir dans la formation de ses servants et ainsi, « de permettre à l’Islam de France de s’appuyer sur des imams bien insérés au sein de la communauté nationale » comme dans le but « de contrer la diffusion en prison de discours religieux dévoyés incitant à la radicalisation violente ». Ce discours, tout aussi pacificateur se veut-il et tout aussi compréhensif se présente-t-il, détient quelques connotations de vieilles mesures colonisatrices...

La circulaire du 18 mars 2015 retient la lettre de la communication ministérielle : « Dans chaque département, les préfets sont appelés à ouvrir le dialogue avec les représentants locaux du culte musulman, de façon à faire apparaître les thèmes et les préoccupations de nos compatriotes musulmans. Sur cette base, une invitation à se réunir dans le cadre d’une "Instance de dialogue" sera adressée d’ici l’été aux représentants de l’Islam de France, pour examiner des sujets tels que la sécurité des lieux de culte, la prévention et la répression des actes anti-musulmans, la formation civile des imams, l’organisation des aumôneries, ou la valorisation des œuvres sociales, culturelles et éducatives de l’Islam ». La circulaire enjoint alors les préfets de sonder leurs interlocuteurs sur divers thèmes (formation des imams, phénomènes de radicalisation, prévention des actes discriminatoires, protection des lieux de culte, enseignement confessionnel...) et de recueillir "leur opinion sur tout autre centre d’intérêt qu’ils indiqueraient". Sont conviés à ce "dialogue", sous la houlette du préfet, les CRCM, les dirigeants de mosquées, les associations musulmanes, les personnalités marquantes de confession musulmane et, pour éviter que l’échange ne voit fondé sur la connaissance des dogmes et des doctrines de caractère religieux, devront aussi être invitées des personnalités des mondes associatif, caritatif, entrepreneurial, universitaire, culturel, etc.

Toutefois, des points particuliers sont insérés dans cette circulaire du 18 mars 2015 : une formation civile et civique des servants du culte... ce par des liens avec les universités, pour un diplôme à acquérir, diplôme qui serait ainsi indispensable à présenter pour toute fonction d’aumônier dans diverses administrations telles les armées [1], la prison [2], la santé [3]...

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Droit cri-TIC ou Droit cri TIC

Cri TIC, cri-TIC en Droit. Cri-TIC de droit : critique du droit, droit de la critique, droit à la critique, droit critique.

La forme interrogative étant un des signes de l’esprit critique qui anime toute recherche et parcourt tout enseignement, ce site a pour objet, en quelques articles ou brèves, de faire part de questionnements, incomplets et inachevés, sur des thèmes diversifiés... en Droit certes, mais aussi à côté ou aux alentours du Droit.

Pr. Geneviève Koubi

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